Je lis assez peu de livres en une année et j’essaie toujours du coup d’acheter des ouvrages assez peu épais. J’ai presque établi un record avec Il a jamais tué personne, mon papa et sa petite centaine de pages, sa cinquante d’histoires et son mini-prix (2€85).

Le pitch est assez simple : un p’tit garçon de dix ans raconte de multiples souvenirs d’enfance tous centrés sur son père, médecin, un peu fou-fou, un peu alcoolique aussi. Les petits récits sont touchants, parfois drôles, parfois tristes. Le bouquin se lit ô combien facilement, avec une fausse trame qui permet de ne pas trop se focaliser sur tous les détails et garder l’esprit léger.

J’ai choisi un extrait (formaté comme dans le livre), d’une histoire qui touche un peu à ce que j’ai pu vivre plus jeune, rien de dramatique dans tout ça, pas de psychanalyse s’il vous plait. Ça m’a juste fais sourire, comme de nombreux passages, concernant le papa au bar, qui consulte en chaussette, qui fait le mort, et tant d’autre petites péripéties.

Au café avec papa

Un dimanche, papa m’a emmené avec lui
dans un café et il m’a offert l’apéritif comme
à un grand. J’avais quand même onze ans.
C’était vraiment dimanche.
J’ai pris un Martini, parce que le Martini
c’est un peu sucré. Il y avait un petit morceau
de peau de citron qui flottait dessus. On
me l’a servi dans un verre très épais qui faisait
comme une loupe, ça donnait l’impression
qu’il y avait beaucoup de Martini dedans.
C’était pas vrai, on arrivait très vite au fond
du verre.
J’étais fier d’être tout seul avec papa. Tout
le monde venait lui dire bonjour et il me pré-
sentait. J’étais le fils aîné.
Je me sentais bien, j’avais un peu chaud
aux oreilles avec le Martini, je trouvais tout
le monde très gentil.
On est bien dans un café, on s’occupe de
vous. Quand vous avez envie de quelque
chose, vous dites le nom de la chose et elle
arrive devant vous, comme dans les contes de
fées. Papa, il était capable de dire vingt fois
« Martini » dans la journée, et vingt fois il y
avait un Martini qui arrivait.
Ce jour-là, papa s’est intéressé à moi. Il
m’a demandé ce que je voulais faire plus tard.
Je lui ai dit que je voulais faire du théâtre. Je
crois qu’il m’a dit que c’était pas un vrai
métier. Il me parlait comme à un homme.
Puis, papa, il a redit « Martini » plusieurs
fois et c’est devenu moins bien.


  1. 1 Olan » 28 avr 2009 à 21:34

    Oui, j’imagine bien Gé, effectivement !

  2. 2 GuiGui » 29 avr 2009 à 00:40

    Pour info c’est son histoire à lui Fournier qu’il raconte dans son livre, et son dernier livre en date est « Où on va Papa », et c’est aussi son histoire avec ses 2 enfants handicapés.
    2 très beaux livres, émouvants, touchants, tristes et drôles à la fois.

  3. 3 zac » 29 avr 2009 à 00:42

    Oui, effectivement j’ai mal tourné mon texte, c’est bien sa vie, son père qui font l’histoire… Vive moi :-)

    J’essaierai de trouver « Où on va papa », pour rester dans le move ! Merci GuiGui.

  4. 4 GuiGui » 29 avr 2009 à 00:42

    Pour info c’est son histoire personnelle, et son dernier livre « Où on va Papa ? » est aussi son histoire dans laquelle il parle de ses 2 enfants handicapés. Ce dernier a reçu le prix Femina 2009.

  5. 5 zac » 29 avr 2009 à 00:49

    Là j’ai bien compris :-)

    Tu n’étais pas sûr que ton commentaire soit publié la première fois ?

  6. 6 GuiGui » 29 avr 2009 à 01:14

    Exactement… ça a sauté sur une autre page entre temps et quand je suis revenu pas de commentaire… donc je me suis un peu répété… Je pollue un peu sans le vouloir désolé.
    Mais pour en revenir à Fournier, y’a aussi « Le CV de Dieu » qui est très bon. Le speech c’est qu’une fois que Dieu a créé la terre il s’ennuie et du coup il rédige son CV pour trouver du boulot… :)
    (Quitte à polluer autant y aller jusqu’au bout ! :) )

  7. 7 zac » 29 avr 2009 à 01:17

    Dire des choses intéressantes n’a jamais pollué mes commentaires, tu peux te lâcher :-)

    Il a fait aussi des bouquin sur l’orthographe et la grammaire je crois… Ça semble à chaque fois être des idées toutes bêtes, mais terriblement efficaces.

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